Défis écologiques sur le continent africain/Opinion de Séraphin Yorokpa Agbodo, président de GROECAF
Les défis écologiques sur le continent africain constituent aujourd’hui l’une des préoccupations pour un véritable développement durable. Pour les relever, plusieurs organisations écologistes africaines se créent. C’est le cas du nouveau Réseau des Organisations Ecologistes d’Afrique Francophone et des Caraïbes (GROECAF). Son président, M. Séraphin Yorokpa Agbodo, lors de son passage au Togo dans le cadre des démarches administratives suite à la célébration de la quatrième édition de la Journée Africaine l’Ecologie, a rencontré la ministre de l’environnement et des ressources forestières. Approché à la sortie de cette rencontre, il nous a fait part de son impression au regard des défis écologique de l’heur qui attendent chaque Etat africain.

Présentez-vous à nos lecteurs ?
Je suis Séraphin Yorokpa Agbodo. Je suis président du mouvement écologique en Côte d’Ivoire. Mais là je réponds en tant que président du Réseau Groupe de Réflexion des Organisations Ecologistes d’Afrique Francophone et des Caribes (G.R.O.E.C.A.F).
Vous êtes au Togo dans le cadre des activités écologique en Afrique et aux caraïbes. Parlez-nous un peu du concept de l’écologie ?
D’abord, par définition l’écologie a pour objet les relations des êtres vivants (animaux, végétaux, micro-organismes) avec leur environnement, ainsi qu’avec les autres êtres vivants. » En tant que terme, l’écologie fut créée par Ernst Haeckel, un biologiste et naturaliste allemand en 1886. Jusqu’au XXe siècle, l’écologie était une science d’observation. La deuxième guerre mondiale, la menace nucléaire, l’industrialisation, l’urbanisation, la pollution changèrent la donne. Désormais, l’écologie incite à la promotion de la qualité de vie humaine dans le respect des milieux naturels avec toutes ses composantes et à une gestion durable des ressources naturelles.
Pour ce qui concerne les issues de la quatrième édition de la journée africaine de l’écologie, ce qui explique d’ailleurs ma présence au Togo, cette journée est une initiative africaine. Son envergure, africaine à sa création, est sur le point de retentir aux quatre coins du monde. Le désir de disposer d’une cadre Africain débattant de l’écologie sous toutes ses facettes donnait peu à peu vie. Se réunir, échanger les connaissances, partager les expériences, identifier les opportunités à l’échelle régionale, dégager les insuffisances et capitaliser les acquis ; tel était la vision de ce cadre de concertation. Ce désir fut encore plus aiguiser puis concrétiser en 2009 par la perte d’une vaillante battante de l’écologie, feu Dapou NAPO ISSA Philomène, en mission à l’étranger. Et aussi par le ferme engagement de la première Africaine lauréate du Prix de Nobel de la Paix, l’écologiste Kenyane Wangari Maathai, ancienne ministre. Le 20 juillet reste pour nous écologistes africains et des caraïbes une journée de grandes retrouvailles, de grandes actions et de grands échanges.
Quelle place occupe-t-elle de nos jours dans le développement durable ?
L’Afrique est le berceau de l’humanité parce que tout est parti de l’Afrique et tout va revenir à l’Afrique et donc, l’écologie a sa place dans le développement durable. L’écologique entant que science et entant que mode de vie, nous en avons besoin, pour qu’elle puisse nous aider pour équilibrer un temps soit peu tout ce que nous prenons comme décisions et tout ce que nous posons comme acte. L’Afrique a beaucoup de potentialités mais faut-il encore que les jeunes générations écologistes pussent intervenir à temps pour ne pas laisser que notre continent soit emportée par la dégradation de l’espace vital, de qualité de vie et de l’interaction entre toute forme de vie. Il faut donc comprendre que le développement durable est écologique. En effet les gouvernants ont eu à échanger lors de l’accord de Kyoto et on leur avait dit qu’on ne peut rien faire aujourd’hui sans équilibrer, c’est-à-dire que chaque nation a besoin d’être industrialisé. Mais tout en développant les nations, il y a aussi une part belle faite au respect des données écologiques.
Certains confondent l’écologie et l’environnement. Pouvez-vous nous situer un peu sur le lien entre les deux ?
Au faite, c’est un problème de terminologie. La différence n’est pas aussi criante entre les deux concepts. L’environnement s’occupe de l’homme et ce qui l’entoure, Tandis que l’écologie prend en compte les vivants humains et non humains, leur carde de vie. Elle prône l’interaction entre les vivants et la planète. C’est à dire tout ce qui touche aux vivants et à son cadre de vie est du domaine écologique. L’écologie est beaucoup plus globalisante, l’environnement est inclus dans l’écologie.
Quels sont actuellement les grands défis écologiques que l’Afrique doit relever ?
D’abord il faut éviter l’ignorance. Le premier défi, il faut donc scolariser les jeunes africains afin qu’ils pussent s’émerger dans la science et qu’en retour qu’ils soient la sauvegarde de tout ce qui peut apporter dégradation, des effets écologiques sur le continent africain. Les gouvernants doivent s’empresser de scolariser à 100% la population jeune. Les ministères de l’éducation doivent alléger les conditions d’accessibilité d’aller à l’école. Voilà le premier défi à relever. Je crois que le bé abas c’est d’amener les jeunes africains à se prendre en charge sur le plan scientifique et au demeurant le reste viendra.
Comment se portent les écologistes africains par rapport à ces défis ?
Nous sommes plusieurs mouvements écologiques sur le continent africain. C’est-à-dire dans chaque nation, on retrouve des écologistes, des personnes vouées à la recherche de la protection du vivant et son cadre de vie. Quels sont les moyens dont disposent ces personnes ? Sont-elles autonomes ? Il y a un vide. Alors comment se comportent les écologistes africains ? Il y a un dilemme. Nous n’avons de moyens. Premièrement nous ne sommes capables de revendiquer, deuxièmement, il y a le problème d’ignorance dont je vous ai parlé, et aussi celui de pauvreté. Mais, on se comporte très bien, seulement nous avons besoin encore que nos gouvernements nous suivent, qu’ils subventionnent les initiatives écologiques, nous aident pour aller de l’avant.
Qu’est-ce que l’Afrique peut attendre du Réseau des Organisations Ecologistes d’Afrique Francophone (GROECAF) dont vous êtes président ?
Le réseau GROECAF a l’avantage d’avoir vu le jour au sein de l’Organisation Mondiale de la Santé. C’est là veut dire que le réseau GROECAF se prendra en compte le problème de santé en Afrique, car il y a un lien inséparable entre la santé et l’écologie. Comme une belle femme, il faut dire que dès sa naissance, on a eu déjà un Parain, l’organisation internationale francophone (OIF) qui nous a tendu la main. Aujourd’hui ce qui impressionne, c’est que nous pouvons compte sur l’OIF et je vous dis en tant que président que dans quelques jours je vais rencontrer le secrétaire permanent de l’OIF. C’est déjà un grand pas, ce qui prouve que des efforts se font. Après l’installation du siège qui sera abrité par le Togo, je crois beaucoup de chose vont se faire.
Comment appréciez-vous l’engagement écologique des autorités et de la société civile togolaises ?
Je remercie personnellement Mme la ministre de l’environnement qui m’a accordé un entretien. J’ai échangé avec elle sur les questions écologiques de l’heure et j’ai compris la disponibilité du peuple togolais et au demeurant la place que les autorités togolaises accordent à la donne écologique. Je les félicite vivement, parce qu’elles ne baissent pas les bras, elles continuent à soutenir les écologistes du Togo, l’exemple est la présence des différents ministères à la quatrième Journée Africaine de l’Ecologie. Le lancement des assises de cette rencontre africaine. J’ai fait beaucoup de pays de la sous-région, mais j’ai constaté que le Togo s’empresse à s’approprier la donne écologique. La société civile fait ses preuves, l’ONG A.S.O.L- Togo et le réseau GROETO ont un témoignage éloquent qui dépasse les frontières par rapport à leurs activités. La proximité du Ministère de l’Environnement et des ressources forestières à côté de la société civile écologique est à féliciter.
Notre entretien avec Madame la ministre nous rassure du soutien technique et institutionnel que le réseau GROECAF bénéficiera, et ensemble nous relèverons les défis écologiques.
Merci à vous de m’ avoir donné l’occasion de m’exprimer à travers ses colonnes.
Interview réalisée par R. A

